Libye

 Carnet de voyage de suzanne et Jean

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Libye

   
Visite de la Libye en camping car a l'époque du colonel Kadhafi - Trajet:12.289 Km 

Du Mercredi 4 au Lundi 9 mars 
Nous sommes trois campings cars de copains. Départ de JACOU (Hérault), embarquement sur le ferry à MARSEILLE pour la TUNISIE. Très bonne traversée.  Accueillis à TUNIS par une employée de l’Office du Tourisme qui vient nous voir sur le port, nous fournit de la documentation et s’informe sur les souhaits des camping caristes, nouveaux touristes encore rares en Tunisie et qu’ils souhaiteraient bien accueillir.  Très aimable et sympathique. Traversons la Tunisie sans nous attarder, la connaissant déjà, notre but principal étant la découverte de la LIBYE. 
 
Dernier bivouac en Tunisie en bord de mer au dessus de BENGARDANE.


Mardi 10 mars 
Nuit mouvementée !! Tempête de sable qui a durée une partie de la nuit.  Après une averse, le vent a un peu faibli.  C’est le grand jour : passage de la frontière libyenne (allons voir KHADAFI. Vous n’avez pas peur nous ont dit les gens avant notre départ,  horrifiés à cette idée ? ). Les formalités ont duré de 9h00 à 11h00. Comme toujours dans tous ces pays beaucoup de paperasserie.  Change, présentation du certificat délivré par l’Automobile Club pour dispense du triptyque, paiement et pose de plaques minéralogiques du pays par-dessus les nôtres (il faut nous débrouiller avec les moyens du bord pour les faire tenir solidement), paiement de l’assurance pour le camping car (nos assurances françaises ne couvrant pas leurs clients en LIBYE).  Puis enfin, pour terminer, passage à la douane.  Le douanier ouvre notre frigo et goûte l’eau minérale.  Hum, il la trouve quelconque … (je pense qu’il croyait que c’était du whisky !!). Voilà, c’est tout ! Ah non, il y a encore un contrôle de police, questionnaire à remplir en arabe (c’est facile ça !). En anglais passe….  Heureusement nous trouvons un tunisien  qui parle arabe ET anglais.  On se débrouille mieux. Depuis notre entrée sur le territoire, nous avons au minimum présenté dix fois nos passeports !.  C’est sûr, nous ne sommes pas des espions …. 
 

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En route pour de bon cette fois .Nous faisons alors la connaissance des panneaux routiers , en arabe uniquement.  Nous nous faisons un tableau pour reconnaître les chiffres en concordance avec les nôtres . (Ce sera utile aussi pour payer les courses). Le grand point d’interrogation c’est  lorsqu’on se trouve à un croisement.  D’autant plus que nous n’avons pu trouver qu’une carte comportant seulement les grands axes routiers avec les noms des villes « francisés ». Or, sur les panneaux les noms sont écrits en arabe, et pas besoin de le dire je crois, les gens parlent arabe aussi !! La Palisse en aurait dit autant. Donc, tout ça c’est de l’ »hébreu » pour nous !  Mais, il nous en faut plus pour nous déstabiliser.  Bien sûr que nous nous en sortirons !!! Déjeuner avant ZAIRA.    L’après-midi visite du site romain de SABRATHA situé sur la côte méditerranéenne.  Inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO , site superbe : théâtre avec très beaux bas reliefs, avec la mer en toile de fond, c’est magnifique .  Très belles colonnes des temples , thermes.  

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A la sortie du site, rencontrons un marocain qui vient discuter avec nous.  Il nous persuade d’aller à un petit resto près à côté du site.  Ils font parait-il un très bon couscous.  Nous sommes tout à fait d’accord. Il nous y amène lui-même et nous sert d’interprète gentiment.   Il avait raison, c’était très bon !     
 Nuit devant le site de SABRATHA. 
 
 Mercredi 11 mars 
 Nous sortons sweaters et polaires, la température ayant baissée. Après quelques erreurs d’orientation, arrivons quand même à YFREN après avoir tourné un certain temps (on le savait qu’on y arriverait !) . Vieux village perché dans le Djebel  Ne foussa. Le Djebel désigne soit une montagne, soit un massif montagneux. Déjeuner sur la route, entre GOUSH et TIJI.  Puis, direction NALUT, village perché, d’où nous découvrons un paysage à perte de vue sur le Djebel.  Les gens sont très gentils et se mettent en quatre pour nous expliquer la route, qui est souvent une piste d’ailleurs … (un vrai casse-tête).  Et finalement on s’en sort toujours.  Cela fait partie du piquant du voyage !!  
 
Visitons les gorfas  (greniers) très anciens, avec les vieilles urnes pour les provisions., Il y a aussi une vieille mosquée, le puits et le vieux pressoir à huile.  Nous promenons dans les ruelles étroites. 

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A NALUT, le guide refuse notre pourboire (1/2 dinar ,soit 1 F.).  Nous apprenons que le Libyen n’accepte pas de batchich. (pourboire).  Nous passons au marché où nous achetons de beaux légumes.  Nous couchons dans le désert 15 Km après NALUT. 
 
Jeudi 12 mars 
Cette nuit il a fait 0°, ce matin 7° dans le camping car, mais beau temps. Nuit magique dans le grand silence du désert. Premières jolies dunes.  Vent de sable et fatalement sable sur la route.  
Heureusement que nous avons acheté des « chèches » en Tunisie.  Ils nous seront bien utiles tout le long du voyage. 

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Arrivons à GHADAMES en début d’après midi.  Tour de ville en camping car. A l’entrée le cimetière, typique, avec toutes les petites pierres levées et les nombreuses poteries sur chaque tombe. GHADAMES est un village neuf, aux maisons à l’européenne, style HLM où l’on a relogé tous les villageois.  La vieille médina (vieille ville) est abandonnée.  Nous nous rendons à l’Office du Tourisme pour faire viser nos passeports par la police comme il nous l’a été indiqué en entrant.  Ils sont tous très sympas.  La nuit, ils nous installent dans la cour du Grand Hôtel où nous sommes  très tranquilles

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Vendredi 13 mars 
Ce matin nous visitons la vieille médina, avec un guide parlant français, c’est super.   C’est très intéressant de voir comment ils vivaient.  Malgré la chaleur déjà étouffante il y règne une température très fraîche et agréable.  Tout est en torchis, les rues sont pour la plupart couvertes, le soleil n’y entre que très peu, l’air passe par tous les couloirs et circule à travers les maisons. C’est très agréable quand on arrive de dehors !    On comprend qu’ils regrettent leur ancienne médina car  dans toutes ces maisons en surface, exposées au soleil ardent, sans arbres, avec le désert alentour, règne une chaleur suffocante.  Pour eux, c’est vrai, ce n’est pas un progrès et surtout pas  une meilleure qualité de vie.

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Heureusement que nous sommes accompagnés par un guide.  Il nous aurait été difficile de trouver la sortie dans ce labyrinthe. 
Nous visitons également le musée.  GHADAMES justifie bien son nom de « perle du désert » 
L’après midi, après avoir obtenu l’autorisation de la police, nous prenons une piste pour aller bivouaquer dans le désert, au bord du lac « eye of bees » (œil d’abeilles).  Piste assez dégradée par endroits, puis passage d’un gué en pleine côte, dans le sable, les pierres et là il ne faut pas se rater. Heureusement les copains sont là pour se guider les uns les autres. Puis la piste s’améliore et l’arrivée sur le site est magnifique quand on découvre, entourée d’arbres, cette nappe d’un bleu d’azur.     

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 Ce soir nous couchons au bord du lac, dans un environnement paradisiaque.  Que l’on est bien, quel calme, quelle sérénité. 

Samedi 14 mars 
Cette nuit, tempête de sable.   Aussi nous nous équipons  de nos « chèches » pour nous protéger les yeux, la bouche.  Cela s’infiltre partout.  Le vendeur nous a fait une belle démonstration pour la façon dont  il faut s’y prendre pour le mettre. Cela nous paraissait très facile.  Mais quand  il faut passer à l’action, c’est là que ça se complique.  C’est tout un art.  Et le résultat n’était pas vraiment une réussite. Nous avons beaucoup ri !

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Ce matin encore beaucoup de vent de sable et congères sur la route.   Tout le ciel est obscurci, nous ne voyons presque plus rien autour de nous. 
Déjeunons entre DARJ et GAIYAT où nous achetons des truffes du désert (comme les nôtres, mais claires).  Omelette excellente ! Nous voyons les premiers troupeaux de chameaux. 

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Nous en sommes déjà à notre énième contrôle de police.  Mais nous étions préparés à cela, informés par Bernard R. de LIBERTOURS  car il avait fait le voyage un ou deux ans avant. Il nous a donné  un « tuyau » :   Avant notre départ,  nous avons établi des fiches d’identité (nom, prénom, père, mère, adresse, N° passeport et photo d’identité, N° du véhicule, marque ….)  dont nous avons photocopié un grand nombre d’exemplaires.  A chaque contrôle, nous sortons notre fiche avec panache !  Ils sont ravis de l’aubaine.  Le travail est tout mâché, aucune écriture à faire, tout se passe comme sur des roulettes.  Cela marche si bien  qu’à chaque poste de police, et ils sont nombreux, ils viennent à la portière, ils tendent la main et repartent illico.  Le téléphone arabe a bien fonctionné !   Le soir nous couchons dans le désert , après GAIYAT. 
 
Dimanche 15 mars 
Toujours le vent de sable et des congères sur la route.  Mais ciel plus dégagé. Nous descendons vers le sud.  A SHWAYRIF nous allons faire nos courses et acheter du pain à une petite boulangerie.  Pendant ce temps, Jean prend la photo de la petite camionnette chargée de pain pour la tournée des clients éloignés.    Le chauffeur se met au garde à vous à côté de sa petite remorque. Et pour remercier Jean, il lui donne six baguettes. Cadeau !! Comme nous venions d’en acheter 10 pour les trois couples, nous pourrons manger du pain si nous n’avons pas autre chose ! De toutes façons, ici les baguettes  ne se vendent que par 10… Pour une somme dérisoire pour nous en plus

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L’après midi nous traversons la ville de SABAH.  Beaucoup de circulation.  Mais nous n’entrons pas dans la ville.  Le soir nous couchons dans une oasis, au milieu des jardins, sous les palmiers, avec la bénédiction des habitants : « no problem ».  Depuis SABAH nous traversons une jolie région. Beaucoup de verdure au milieu du désert.  Des jardins, des cultures d’aulx, des légumes, de la luzerne.  Beaucoup de marchands le long de la route, nous nous arrêtons. 

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Lundi 16 mars 
Depuis ce matin nous essayons de téléphoner en France.  Impossible.  Cela a été assez difficile pendant tout ce voyage.  Nous longeons maintenant une immense dune ininterrompue jusqu’à notre arrivée à l’Auberge de Jeunesse de FJEI .  C’est le désert. 
Après midi de détente, si on peut dire : lessive, ménage, plein d’eau, vidange ….  Nous réservons une ballade en 4 X 4 dans le désert pour demain matin.   
Nuit à l’auberge de jeunesse (qui fait également camping).

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Mardi 17 mars 
Le temps est magnifique, le ciel d’un bleu intense.  Nous nous levons tôt pour une grande journée de 4 X 4 dans la région des lacs. (Gabraoun, Mahfoue, Oum el Ma, Mandera) dans l’erg d’AWBARI.  Nous avons deux véhicules.  Notre chauffeur, Omar, est du GABON. Départ 7h30.  Ce sera notre Paris/Dakar. 
Nous montons et descendons dans les dunes jusqu’à la verticale.  Omar s’amuse comme un gamin, mais c’est un conducteur virtuose dans le sable.  C’est un vrai pitre,  il se rit des difficultés et passe partout. Nous sommes restés quand même une fois en bascule sur le châssis en haut d’une dune !!  Quand c’est vraiment trop  »pentu », et comme nous sommes chargés pour grimper une dune, il nous devance et nous rejoignons à pied. 

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Cette ballade est sensationnelle : le grand désert.  Nous sommes perdus dans l’immensité ocre, au milieu de nulle part, . Pourtant pas besoin de GPS.  Ils connaissent comme leur poche.  Nous nous arrêtons successivement près des quatre lacs, entourés de petits oasis  et de vieux villages abandonnés.  C’est surprenant de voir cette eau d’un bleu  incroyable  au milieu du désert. 

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Nous pique niquons et faisons la sieste sur une dune au bord d’un des lacs.  C’est là que nous rencontrons Moussa, un guide, qui plus tard nous fera vivre une aventure inoubliable.  Il a une agence à GHAT, plus au sud,  et nous lui demandons de nous préparer une sortie dans le désert pour plusieurs jours.  Nous le retrouverons  dans quelques jours.  Nous rentrons au camp en fin d’après midi.  Douche et repos . Quelle belle journée.  Et quelle belle nuit à faire de beaux rêves.

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Mercredi 18 mars 
C’est notre jour de chance : enfin, à AWBARI,  nous arrivons à téléphoner en France après une longue attente.  Continuons ensuite vers le sud et essayons de nous arrêter  pour déjeuner.  En effet, il est difficile de trouver des points d’arrêts .  Cela parait invraisemblable, avec toute cette  étendue à perte de vue autour de nous. Mais justement, la route est un ruban bien tracé .  A côté, sans transition, c’est le sable  et ce serait l’enlisement.  Nous trouvons enfin un espace goudronné entre AWBARI et SERDELES.   
A partir de SERDELES nous longeons les falaises de l’AKAKUS sur la gauche.  C’est splendide.  Puis, en fin d’après midi nous apercevons dans le lointain les « montagnes du diable ».  C’est irréel, auréolé par le soleil couchant qui rougeoie au dessus du massif.  En face, à gauche, une interminable dune.  Grandiose, écrasant. 

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Jeudi 19 mars 
Il fait déjà chaud quand nous nous levons, pourtant très tôt pour profiter de ce cadre magnifique. Nous flânons entre les petites fleurs sauvages,  les plants de melons du désert, montons de petites dunes vierges pour admirer nos traces, faire des photos, en pyjama ou robe de chambre (au diable l’élégance). Par endroit, de grandes plaques de neutrons.  Tout est beau et nous sommes SEULS, vraiment SEULS … On se sent légers ….. Nous partons à regret

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A l’entrée de GHAT, Moussa le guide que nous avions rencontré dans la région des lacs, est devant la porte de sa petite agence « ANIS for traveland tourism »et nous accueille , tout heureux de nous revoir. Comme entendu lors de notre rencontre quelques jours avant, il a tenu sa promesse et nous propose un circuit dans l’AKAKUS  pour un prix défiant toute concurrence.  Nous sommes partants bien sur !  Lui et ses gars nous attendaient avec impatience pour  préparer l’intendance, faire les courses pour les repas. Ils préparent le matériel (tentes, ustensiles de cuisine et de pique nique), font tuer le mouton et nous conduisent devant la demeure de Moussa qui se trouve un peu en dehors du village.  C’est là que resteront nos camping cars pendant la randonnée, gardés en permanence nuit et jour par son père et sa sœur..   
Nous les laissons à leurs occupations et allons nous promener dans la médina, à l’intérieur des remparts pour terminer la journée. Tous les  touaregs nous attendent en cercle avec leurs bijoux traditionnels étalés devant eux sur un bout de tissus à même le sol, la nouvelle s’étant vite répandue de notre passage dans la ville.  Une aubaine pour nous (et pour eux) : nous profitons de faire nos achats pour les petits cadeaux du retour.  Tous veulent nous persuader qu’ils ont les plus belles choses.  Nous essayons de contenter tout le monde.  Finalement ils sont ravis, remballent leurs petites marchandises et partent en même temps que nous. 

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Après nous allons faire un tour dans la ville nouvelle sous les remparts où il y a une fête avec tous les enfants des écoles.  Ils défilent, tous en uniforme, chaque classe avec un costume différent.  Nous retournons alors retrouver nos camping cars en traversant les jardins.  Les gars de l’agence viennent nous dire que tout est prêt pour demain, le mouton tué et nous souhaitent le bonsoir.  Nous préparons notre sac avec nos affaires et  nous couchons tôt, demain il faudra être en forme. 

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Vendredi 20 mars 
Notre caravane s’ébranle à 9h00 : deux 4 X 4 pour nous six et un pick-up avec le matériel et la cantine. Les participants : Moussa, le chef de l’Agence, guide et chauffeur d’un 4 X 4,   ainsi que quatre autres touaregs dont deux cuisiniers et deux chauffeurs pour l’autre 4 X 4 :  Drissa,   Hossein,  Atman, El Ady ainsi que six touristes heureux et ravis, prêts à affronter l’inconnu et à profiter pleinement de ces journées qui s’offrent à eux.  

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Nous passons à ZL EL BARKAT.  Nous longeons la frontière algérienne et prenons la piste de DJANET (en ALGERIE) que nous quittons pour entrer dans l’AKAKUS.  Nous roulons dans les wadis (oueds) asséchés qui se faufilent entre des roches déchiquetées et petit à petit découvrons un monde fantastique. 

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Nous nous arrêtons pour pique niquer à l’ombre d’une falaise. Chaque jour Moussa nous trouvera un coin à l’ombre pour les repas.  Il y aura tous les jours  une bonne salade (tomates, poivrons, oignons, thon ..), des pâtes avec une bonne sauce de légumes et de viande (ils ont porté le mouton entier), des fruits (pommes, oranges)  puis café ou thé.  Ils font la cuisine proprement.  Tout est lavé. Eau minérale.  Ils dressent la table sur un tapis en raffia avec des coussins tout autour.  Il y a du « seven up » et de l’orangeade.  Le grand luxe en plein désert !  C’est formidable. 

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Repartons à 14h30 et à chaque vallée découvrons de nouveaux paysages : spectaculaires falaises, ergs impressionnants, gigantesques arches de pierre.  Nombreux arrêts photos, c’est tellement beau.  Ils sont accommodants.  Nous profitons largement de leur gentillesse.  Et nous descendons souvent de nos véhicules pour nous dégourdir les jambes, grimper sur les rochers et jouir du paysage. 

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Nous nous arrêtons en fin d’après midi pour le bivouac. L’équipe d’intendance est partie devant avec le pick-up.  Le feu est déjà prêt. On nous sert le café, le thé, les biscuits.  Puis ils préparent le repas.  Ce soir, couscous.  D’abord la soupe et des ananas pour le dessert.  Puis encore le thé.  Et la veillée commence autour du feu : tam-tam (vieux bidons), chants.  Ils nous chantent leurs chansons.  Ils veulent que l’on chante les nôtres.   
Ensuite Moussa nous laisse le choix : soit ils nous montent la tente, soit on dort à la belle étoile ?…. A l’unanimité, sans hésitation, c’est décidé : à la belle étoile !  Protégés du sol par une natte, et du vent par un paravent en paille tressée !  Pas de pyjamas, mais des survêtements,  les polaires ou anoraks , les bonnets.  Qu’on est bien blottis au fond  de nos duvets !  Au dessus de nos têtes, les étoiles une à une s’illuminent dans le ciel , le ciel incomparable du désert.  C’est fantastique ! 

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Samedi 20 mars 
C’était magique cette nuit, qu’on était bien. . Au lever du jour, nous émergeons de notre petit nid douillet.  Brr, il fait très froid  !  Mais dès que le soleil va paraître il fera meilleur.    
Ils préparent le feu alors que nous sommes à peine réveillés et encore enroulés dans nos duvets.  Bon petit déjeuner, nous avons faim et  rien ne manque : lait, café, thé, biscuits, pain, confiture, crèmes de gruyère.  Aussi bien qu’un hôtel « 5 étoiles »,  avec le décor en plus!! Nous repartons en 4 X 4.  Tout est bien organisé, ils sont très rapides pour tout remettre en place.  
La deuxième journée est aussi formidable que la première.  Toujours des sites superbes.  Peintures rupestres et gravures dans des grottes. 

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Le soir nous couchons dans les dunes.  Du sable partout, partout, au plus loin que la vue porte.  Moussa connaît des coins de bivouac sensationnels.  Autour de nous, c’est l’infini … nous sommes seuls au monde ! 

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Dimanche 22 mars 
Il a fait encore plus froid cette nuit, mais bien couverts, nous n’avons pas souffert. Il fait beau et le soleil va vite nous réchauffer. Aujourd’hui nous roulons dans le djebel AWIS.  Monde fascinant où s’entremêlent dunes majestueuses et roches déchiquetées de gré noir. 

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Nous trouvons des pommes de terre du désert, repérables à une belle et haute fleur jaune que Moussa en déterre une plante que nous piquons sur le devant du 4 X 4 .  Pique niquons dans le djebel (massif montagneux).   Puis trouvons encore de belles peintures rupestres. 

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En fin d’après midi nous rentrons à nos camping cars  Nous retrouvons le gardien installé avec son réchaud car il mangeait et dormait près de nos  camping cars ! 
 
Lundi 23 mars 
Mais l’expédition ne se termine pas là .  Ils nous ont proposé de prolonger l’aventure . Nous repartons donc ce matin pour encore une journée et une nuit.    Mais en chameaux aujourd’hui ! Là, c’est une autre affaire. Le papa de Moussa sera le chef chamelier.   Nous avons des selles magnifiques, royales.  Mais quoique « confortables », il faudra s’y tenir dessus toute une journée ! Petite leçon au départ : position spéciale des pieds sur le cou du chameau (nous sommes pieds nus, il parait que c’est mieux …)  Dur pour monter et surtout quand le chameau descend une dune : vat-on passer par-dessus la tête de notre monture  ?  Mais non, nous voilà quillés sur nos chameaux, par équipes de deux, avec un guide touareg par équipe.  Je suis avec Jacques et Jean avec Nicole. Fiers  et heureux. C’est folklo ! finalement nous  nous en sommes bien sortis. 

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Moussa nous rejoint avec le 4 X 4 et  le cuisinier pour le déjeuner.  Repas pour nous et aussi repas pour les chameaux.  Après le thé nous repartons et chevauchons tout le jour dans le wadi TANEZFERT, avec à notre droite les superbes falaises de l’AKAKUS et à notre gauche une interminable dune ininterrompue.  Beaucoup de verdure et de fleurs dans le wadi : des tamaris, des euphorbes très fleuris en ce moment, des immortelles…..  
Puis, en fin de journée, voyons un  village de cases vides, abandonné par ses occupants. 

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Le soir bivouac en vue de la montagne du diable.  Ali nous fait cuire le pain touareg sous la cendre chaude.  Une partie de ce pain émietté est préparée comme des pâtes ou du riz.  C’est nouveau et très bon.  Nouvelle nuit sous les étoiles.  Mais ce soir Moussa recommande à Max de rentrer son petit chien dans son duvet car nous entendons les cris des renards du désert qui rodent autour de notre camp. 

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Après le petit déjeuner nous repartons sur GHAT avec les 4 X 4 qui sont venus nous chercher.  Les chameaux rentreront avec le père de Moussa.  Nous coupons à travers les dunes et refaisons notre Paris/Dakar.  Nous y prenons goût ! Nous nous ensablons en haut d’une dune, mais cela ne les émotionne nullement.  Nous non plus d’ailleurs, car maintenant nous sommes vaccinés … ! Nous redescendons de l’autre côté à pied… et tout rentre dans l’ordre.  

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De retour à GHAT, nous récupérons nos camping cars,  toujours bien gardés, et reprenons nos habitudes  : courses,  plein d’eau, vérification de la pression des pneus.  Puis nous déjeunons avant de partir .  Tiens, il faut faire le repas, plus de cuisinier aujourd’hui … !! Nuit avant AWBARI, au bout de la piste et derrière le poste de police. 

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Mardi 25 mars 
Essayons, sans succès, de téléphoner en France pendant 1h00. Jacques ayant un problème avec un meuble de son camping car qui se décroche, allons voir le maire qui parle français et nous aide à trouver ce dont nous avons besoin pour faire la réparation.  Tout est OK.  Ils sont formidables.     En fin de matinée nous nous installons , comme à l’aller, à l’Auberge de Jeunesse de FJEIT. Le vent commence à forcir et va en s’accentuant à partir de midi.  Tout s’obscurcit autour de nous, on ne voit plus à quelques mètres. L’atmosphère est chargée de sable qui rentre partout.  Nous nous calfeutrons, c’est effarant.  Dès que la tempête faiblit un peu, nous essayons de nettoyer un peu l’intérieur des camping cars, le sable s’est infiltré partout, même dans les placards.  Mais sitôt fait, tout est à recommencer.  Le soir la tempête n’a pas cessé totalement. 
 
Jeudi 26 mars 
Pas trop de vent ce matin mais soleil voilé, lumière tamisée par le sable resté en suspension.  C’est une atmosphère spéciale, très feutrée.  Nous prenons la route de MURZUQ et allons traverser la LIBYE de l’intérieur, d’ouest en est.  Beaucoup de palmeraies jusqu’à TRAGHAN.  Mauvaise route.  A la sortie de GHODDUA, très joli cimetière, mausolées tout blancs et  poteries sur chaque emplacement de tombe. A partir de midi le vent de sable reprend en tempête pendant tout l’après midi.  Très pénible pour les conducteurs.  Le soir nous nous arrêtons entre SABAH et HUN sur une grande piste.  Toujours difficile de trouver pour stationner, nous avons l’habitude, les bas-côtés étant inaccessibles car ensablés.

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Vendredi 27 mars   Encore du vent de sable.  Passons le désert noir, du reg vraiment NOIR.  Etonnant !  Puis un canyon noir et rouge. Gros contraste entre les roches.  On ne connaît pas l’origine de ce phénomène minéralogique. 

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A HUN nous  achetons un poulet rôti pour notre déjeuner dans une petite boutique familiale.  En cadeau : du pain et de la salade.  Le repas complet pour une misère.  Nous achetons également des dattes.  Nous ne pouvons nous en passer, HUN étant la capitale de la datte.  Très grosses et très moelleuses. Nous faisons aussi nos courses à une petite boutique bien achalandée.  Le gars nous autorise à faire notre plein d’eau à un tuyau devant sa porte, très gentiment.  D’ailleurs tous les gens sont d’une extrême gentillesse.   
Le soir nous nous arrêtons pour la nuit à une quinzaine de km après WANDAN, dans une palmeraie, toujours autorisés par des gars qui travaillaient dans un jardin.  Quel joli coin, le calme, la nature, que demander de mieux ? 
 
Samedi 28 mars 
Ciel bleu, puis nuages, puis vent de sable … et c’est tout !   Paysages magnifiques.  Montagnes de sable solidifié, aux formes étranges et spectaculaires, avec des tons dégradés. 

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Cinquante km après ZILLA nous sommes stoppés par au moins 50 cm de sable sur la route au milieu d’un pont.  Pendant que nous réfléchissons au moyen de nous en sortir, un camion citerne arrive en face et le chauffeur, un bulgare, nous explique tant bien que mal (plutôt mal que bien !) qu’il nous faut passer sur une piste parallèle qui démarre à l’entrée du pont (il a l’habitude de ce trajet et c’est courant à cet endroit  nous fait-il comprendre).  Nous hésitons, perplexes, vu l’état de la piste très mauvaise et ensablée.  C’est alors que, voyant notre inquiétude, il fait demi tour et vient se placer devant nous (nous sommes les premiers).  Il nous fait signe de le suivre et nous montre qu’il a de quoi nous tirer s’il le faut.  C’est un peu risqué, mais nous n’avons pas d’autre solution pour continuer à avancer. 
Nous croisons les doigts et nous lançons à la queue leu leu .  Il nous précède jusqu’au bout de la piste puis rebrousse chemin puisqu’il allait en sens inverse.  Impossible d’être plus serviable.  Nous le remercions avec un paquet de cigarettes.  Il est ravi.  Et nous aussi !! 

photo Lybie camping car

Nous déjeunons quelques km plus loin.  Apéritif en l’honneur de nos trois chauffeurs qui ont eu bien du mérite et de leurs compagnes qui n’ont rien dit et ont tremblé tout le long !.   
De nouveau, avant MARADAH, des paysages formidables.  Les roches, sculptées par l’érosion, composent un paysage étrange et envoûtant. 

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De nouveau aussi, congères de sable sur la route.  Cette fois encore, c’est notre tour d’être les premiers puisque la journée n’est pas finie (nous prenons la tête un jour chacun) .  Jean tente de passer, mais le sable monte plus haut que le pare choc et le moteur s’appuie alors dessus ! C’est une route, comme il y en a tant dans le désert, sans pratiquement de circulation.  Une seule solution : nous sortons nos pelles, les poêles à frire pour les femmes (faute de mieux… !) et nous déblayons sur plus de vingt mètres.  Enfin, Jean prend son élan, et passe … Puis Max, puis Jacques.  Quel exploit.   
Mais notre joie est de courte durée.  Quelques km plus loin, rebelote … C’est tard, il nous faut absolument passer avant la nuit, nous ne pouvons absolument pas rester sur la route. C’est finalement avec les phares que nous finissons de passer ce deuxième obstacle et cela ne facilite pas les choses. Ces contretemps nous ont pris l’après midi.   
Mais les difficultés ne sont pas finies : il nous faut trouver un coin pour  la nuit.  Nous arrivons à repérer une piste sur laquelle nous nous engageons et qui nous mène à un espace caillouteux sur lequel nous nous arrêtons.  Nous aurons la surprise demain matin de découvrir où nous sommes. 

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Dimanche 23 mars 
Pas chaud ce matin. Nous explorons le coin où nous nous sommes arrêtés hier au soir à l’aveuglette.  Nous trouvons beaucoup de débris d’arbres fossilisés. C’est surprenant.  C’est dur comme de la pierre.  Mais nous ne pouvons en rapporter car c’est interdit par la douane.  En récupérons seulement un tout petit bout.  Chut ! Ensuite, après MARADAM, plus de sable mais route « infernale » : quatre heures et demi pour faire 60 km. Nous slalomons entre les trous (des baignoires), les bosses … 

photo Lybie dunes

De suite après, au carrefour de la route allant sur les champs pétrolifères, contrôle de police.  Ils nous accueillent comme des invités ! ? Nous rentrons dans le poste (une vieille cabane toute pourrie), ils nous font installer sur des sièges  …. C’est le salon de thé : ils nous offrent le thé, nous les biscuits, on rigole …  En partant, ils nous offrent un petit pain à chacun (pour eux, offrir un pain est une grande marque d’amitié).  Grands serrements de mains, accolades.  Notre contrôle a duré 20 minutes et ils ont oublié de nous demander nos passeports !  
En fin d’après midi nous faisons le plein à la station d’AJDABLYA.  Très gentiment ils acceptent que nous fassions aussi le plein d’eau.  Comme il fait presque nuit, nous leur demandons si nous pouvons dormir sur un terre plein à côté d’eux.  Ils préfèrent que nous restions sur la station qui reste ouverte toute la nuit.  Camping très particulier.  Nous avons passé une bonne nuit, bien sécurisés. 

photo Lybie

Lundi 20 mars 
Nous entamons, par beau temps, une longue route monotone.  Pas un virage sur 300 km.  Une chance, la route est très bonne.  Les Km sont rythmés par de vieux pneus sur le flan qui servent de bornes kilométriques.  Très ingénieux et très économique. 

photo Lybie

Après déjeuner, 42 km de piste aller/retour (une demi heure dans chaque sens) , pour aller sur le site de BIR HAKEIM.  Belle stèle en l’honneur des FFL.  Quelques tombes pas entretenues.  C’est très triste car on ne peut s’empêcher de penser à la bataille qui a eu lieu ici, et qui a dû être terrible dans cette immense plaine dont rien ne vient rompre l’horizon.  Ici, en 1942 , pendant 16 jours, la première brigade française des FFL ont permis aux britanniques en mauvaise posture, de se replier et de triompher par la suite. Photo souvenir avec un drapeau français. que possédait un de nous.  Nous sommes de bons patriotes ! 
Arrive alors un berger nomade avec son âne et un très beau troupeau de moutons et de chèvres.  Il est heureux de voir quelqu’un pour rompre sa solitude et vient à notre rencontre.  Il reste dans le désert tout seul, à déambuler au gré de son troupeau pendant des jours et des jours, ses affaires sur le dos de son âne.  On se demande de quoi il doit se nourrir ! Il dort dans le désert, sans rien.  Nous passons la nuit dans cette région désertique, seuls au monde.  Mais nous bien confortablement installés dans nos camping cars. 

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Mardi 31 mars 
Ce matin, vers 9h00 nous nous arrêtons dans un petit village un peu plus loin pour visiter le cimetière français.  Il est fermé, mais un gars sorti d’on ne sait où arrive en courant pour nous ouvrir la porte dès qu’il nous aperçoit.  Le cimetière est entretenu régulièrement et impeccable.  Cela fait plaisir pour ceux qui sont tombés ici.  

photo Lybie

Ensuite continuons sur TOBROUK.  Grande ville portuaire, très animée, pas loin de la frontière avec l’EGYPTE.  C’est le seul port en eau profonde entre l’EGYPTE et la TUNISIE. La ville est connue comme lieu de bataille de la seconde guerre mondiale. 
Achetons poissons frits et beignets pour déjeuner après avoir vérifié la pression  de nos pneus.  Excellent repas. 

Nous ne sommes plus loin de la frontière égyptienne et l’après midi nous changeons carrément de cap et longeons la côte d’est en ouest sur une route en corniche à partir de  DARNAH.  Région très verte, beaucoup de troupeaux.  Ici, plus de désert.   Le soir nous arrivons sur le site romain archéologique d’APOLLONIA , situé dans le village de SUSAH.  C’est l’ancien port de CYRENE qui se trouve à 20 kms.   
A notre arrivée, un gars arrive aussi en courant pour nous faire visiter (nous on ne voit personne, mais dès qu’on arrive quelque part on est repérés !).  Mais nous préférons venir demain car il est tard et lui demandons si nous pouvons passer la nuit devant le site.  Il doit demander l’autorisation à la police du tourisme.  Il nous accompagne  et nous sert d’interprète : c’est OK.  Il nous dit après coup que, si nous n’avions pas eu l’autorisation, il nous aurait trouvé un autre endroit.  Sympa ! Il est ravi de voir des touristes ici, ce qui a l’air assez rare .  Ce ne sont pas des lieux particulièrement fréquentés.  C’est dommage,  mais tant mieux pour nous. 
Il nous dit qu’il viendra nous chercher demain matin pour nous servir de guide car il travaille avec le professeur Laron, un chercheur français qui vient tout le temps faire des fouilles sur le site.  
Nous sommes bien installés au bord d’un petit port de pêche, calme et ravissant.   Le soir la police vient nous voir pour savoir si tout allait bien : « oui, merci ».  
 
Mercredi 1er avril 
Beau temps et visite du site, en bord de mer.  C’est particulièrement agréable.   Il y a encore des restes de thermes ou nous déambulons.  Puis nous voyons le théâtre qui  occupe une situation spectaculaire face à la mer et, parsemé de fleurs,  est superbe.   
A la sortie, le guide était déçu car nous avions fait la visite avant son arrivée.  Il y a eu confusion d’horaire, nous avions mal compris. Mais il se rattrape et nous accompagne au musée qu’il ouvre exprès pour nous . Les visiteurs sont rares.  C’est dommage, mais tant mieux pour nous.  Musée très petit, mais très intéressant.  Il est ravi de nous faire part de tout son savoir.   
Avant de partir nous allons à la poste pour téléphoner.  Très jolie poste mais cela ne nous console pas car impossible d’avoir la France !  

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Nous continuons sur SHAHAT afin de visiter le site de romain de CYRENE.  Il se visite en camping car avec deux arrêts sur des espaces clôturés. 
• 1er site : c’est vraiment très, très beau.  Il tient toute une partie de la montagne.  A l’endroit le plus bas se trouvent les tombeaux creusés dans la montagne.  C’est époustouflant.

• 2ème site : immense, magnifique.  Gymnase hellénique, transformé par les romains.  Sur une longueur de mur à perte de vue, les statues de tous les grands sportifs de l’époque.  Ce devait être,  et c’est encore grandiose !   

• Le gardien nous rejoint dans le site.  Il parle anglais et, très sympathique, essaie de nous fournir le plus d’explications possibles.   

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Le soir nous dormons devant le musée et les magasins.  Le gardien a demandé l’autorisation pour nous. Nous sommes très bien installés, au bord d’une superbe forêt. 
 
Jeudi 2 avril 
Malheureusement, les chiens qui gardent le musée ont aboyé toute la nuit.   
Aujourd’hui, route de montagne.  On se croirait dans le Massif Central.  C’est  très vert, beaucoup d’arbres, très vallonné.  Plus loin, c’est la garrigue, avec les genêts et les argéras en fleurs, ainsi que les cistes.  Un visage insolite de la Libye, tellement différent de ce que nous avons déjà vu et que nous ne soupçonnions pas.  Les villes sont grandes, il y a beaucoup de circulation..  Et tout le long de la route, des mimosas en fleurs sur des km, formant des haies épaisses 
Nous traversons BENGHAZI, ville moderne, superbes immeubles, grands carrefours, beaucoup de palmiers, de beaux jardins.  Dans les quartiers résidentiels on se croirait sur la Côte d’Azur.  A côté, naturellement, il y a les autres quartiers.  Rien de comparable … Et toujours les mêmes abords de villes : les ordures s’amoncellent sur des km.    
Le soir nous couchons derrière le poste de police à la sortie d’AJBADIA, après avoir demandé l’autorisation aux policiers.  Ils sont ravis et viennent tous visiter les camping cars.  Ils n’en reviennent pas, admirent tout, feuillètent nos revues (nous pensons qu’ils espéraient trouver des revues pornos !) Ils nous regardent préparer notre repas, goûtent, trouvent cela très bon et repartent enchantés… 

photo Lybie

Vendredi 3 avril 
Grand ciel bleu.  Nous croisons tout le jour les voitures et minibus des Egyptiens rentrant chez eux par TUBRUQ. Il faut voir les échafaudages au dessus des véhicules.  La hauteur est largement doublée.  Invraisemblable ! Cela fait le spectacle tout le jour. Nous longeons la mer tout le long.  Elle est d’un bleu superbe.  Les paysages sont magnifiques : du sable ocre, des dunes blanches au bord de la mer bleu foncée, beaucoup d’arbres , eucalyptus, mimosas en fleurs, nombreux troupeaux de moutons, chèvres et chameaux. La circulation est dense et il faut faire très attention à  leur façon de conduire et avoir les yeux partout : chacun fait un peu ce qu’il veut, dépassements imprévisibles et chauffeurs de cars qui roulent comme des fous.   
Nous traversons SIRTE, la ville de KADAFI, mais nous ne nous arrêtons pas.   Pas de KADAFI à l’horizon (en vrai …, il a d’autres chats à fouetter).  Par contre photos immenses partout dans tout le pays, impossible de l’oublier. 
Le soir nous trouvons un coin sympa en bordure de mer en prenant une piste pour être loin de la route.  Un chamelier gardant son troupeau vient nous tenir compagnie : 100 chameaux magnifiques, nous en avons rarement vu de si beaux. 

photo Lybie méhari

Samedi 4 avril 
Nous nous ensablons avant de partir : une roue s’enfonce sans crier gare ! Nous nous y mettons tous, mais nos efforts ne sont pas efficaces.  Le chamelier d’hier au soir s’aperçoit de nos maladresses et nous donnes d’utiles conseils.  C’est lui qui prend la pelle et tout se passe bien. Il a l’habitude et « la technique ».   
Tout le matin,  nous voyons d’immenses troupeaux.  Qu’en font-ils ?  Puis, c’est la ville de MISRATA sous les palmiers.  La ville occupe une grande oasis séparée de la côte par une zone de dunes. Nous arrivons à LEPTIS MAGNA,  l’un des plus impressionnants vestiges de l’empire romain,  aussi bien par l’étendue de son site que par la conservation de ses monuments. Elle est classée au Patrimoine de l’Humanité. Nous déjeunons et visitons l’après midi.      C’était, parait-il, une des plus somptueuse et des plus florissante ville d’Afrique.  Elle connut  sa plus grande prospérité quand un de ses enfants , SEPTIME SEVERE, devient empereur. Premier empereur noir, très célèbre et non arabe.  SEPTIME SEVERE rêvait de faire de sa ville natale une rivale de ROME.  Tous ces superlatifs sont bien mérités, comme en témoignent ses ruines :  

• A l’entrée, un monumental arc de triomphe autrefois habillé de marbre, un chef d’œuvre. • Le théâtre .  Regardant vers la mer, le spectateur domine le théâtre.  Nous montons tout en haut des derniers gradins pour jouir du spectacle. Impressionnant ! • La Basilique dont les  piliers sont  artistement sculptés • Le forum , vaste quadrilatère de 100 m de long sur 60 m de large entouré d’un haut mur de pierre.  Des médaillons représentant des têtes de méduses sont placés sur les arcades.

• Les thermes d’Hadrien • Les thermes de la chasse,  situés en périphérie de la cité.  Etablissement de bain conservé sous les sables dans un état remarquable. Les peintures murales sont presque intactes . 

• L’Amphithéâtre, le plus grand d’Afrique du Sud • Et de nombreux temples et monuments …

• Le port de LEPTIS MAGNA , particulièrement bien conservé. 
 
Pour résumer, un lieu magique avec, en toile de fond, la mer. Nous découvrons toutes ces merveilles pendant l’après midi entière.   Nous nous arrêtons, forcés par l’heure,  la fatigue… et la chaleur.  Nous dormons sur le parking du site et continuerons demain.

photo Lybie monuments
photo Lybie

Dimanche 5 avril 
Nous continuons et finissons la visite de ce site immense, le plus grand site romain je pense que nous ayons jamais vu.  Puis nous allons visiter le musée. Il est superbe :  belles expos, très propre, bien organisé et très intéressant.  Mais un bémol : la dernière salle est consacrée à la propagande du régime (circulez, il n’y a rien à voir …) Dommage.  Cela n’enlève cependant rien à l’intérêt du musée par lui-même.   
Déjeuner, puis départ pour TRIPOLI (TARABULUS en libyen), la capitale du pays, où nous arrivons vers 16h00. Toujours beaucoup de circulation, beaucoup de fous.  C’est affolant ! Pour rentrer dans la ville, un gars à qui nous demandions où nous pourrions nous garer se propose de nous piloter et nous accompagne jusqu’à l’immense place du centre, entourée de palmiers, où finalement nous passerons aussi la nuit (seuls tous les trois, plantés au beau milieu de la place comme un cheveu sur la soupe).   
Le soir nous allons au resto : bon repas, joli cadre, employés sympathiques.  Soirée agréable.  Le serveur nous fait la photo de groupe.  En rentrant aux camping cars la place est toute illuminée par une grande quantité de projecteurs.  On se croirait en plein jour !   Ils ont fière allure nos trois camping cars trônant au milieu de cette immense place, quel honneur ! 

photo Lybie

Lundi 6 avril 
Déception ! Le musée, fermé hier, le sera encore aujourd’hui et demain.  C’est l’AID EL KEBIR ou fête du mouton (si l’on peut dire : drôle de fête pour lui !).  Nous le regrettons beaucoup, car il est parait-il très intéressant, mais l’attente  est trop longue. 
Nous nous consolons en allant au marché aux poissons sur le port.  Nous achetons de beaux rougets tout frais pêchés.  Comme nous sommes étonnés de rencontrer sur le port beaucoup de pêcheurs parlant français, ils nous disent être algériens, tunisiens ou marocains.  Ils ne trouvent pas de travail chez eux et sont venus ici.  Continuons notre promenade par la Médina où nous voyons quelques fouilles abandonnées avec une belle arche.  Probablement, parait-il, des vestiges de la ville romaine d’OCEA. Puis, au détour des ruelles, voyons toujours des gens sympas qui nous souhaitent la bienvenue.  Devant chaque porte, un mouton attaché.  Il sera égorgé demain et tout le monde fera le couscous ou le méchoui..  Partout on vend du charbon de bois, on aiguise les couteaux, il y a des marchés, on fait les provisions pour la fête. C’est très animé, dommage que ce soit autour de ce pauvre mouton qui attend son heure … 
Nous voyons le vieux bâtiment où a été fondé le consulat britannique en 1744.  Puis l’ancienne prison turque.  Malheureusement, les poubelles encombrent toutes les ruelles.  Des tas d’immondices qui ne sont jamais enlevés.  Bonjour l’odeur ! 

photo Lybie

Nous quittons TRIPOLI en fin de matinée et allons déjeuner un peu plus loin.  Nous nous arrêtons dans un  village, devant des HLM. Pendant que nous déjeunons un groupe d’enfants soulève le rideau de notre camping car et nous regardent ébahis.  Nous leur proposons d’entrer.  Ils sont discrets, veulent nous parler .  Par signe nous faisons connaissance.  Ils sont gentils, polis, ne réclament rien.  
Mais, un policier passant par là (sans le savoir nous étions proches d’un poste de police) , les fait courir.  Ils s’éparpillent.  Un autre nous demande si nous n’avons aucun problème.  Nous lui faisons signe que nous allons partir.  Il nous invite alors à dormir là si nous le souhaitons, près du poste de police.    Mais nous continuons notre route et, en milieu d’après midi sortons de LIBYE.  Les formalités de sortie sont très vite faites.  Par contre, il nous faut 2h00 pour entrer en TUNISIE.  A tous les contrôles, souhaits de bienvenue. Nous retrouvons avec joie la langue française.  Nous sommes quand même tristes de quitter la LIBYE.  Les habitants sont très accueillants et nous ne nous sommes jamais sentis en insécurité. 

photo Lybie Kadafi

Nous ne l’avons pas vu, mais nous l’avons pris en photo !!!   
Si on nous avait dit un jour que nous irions en LIBYE avec nos camping cars, nous aurions trouvé cela un peu farfelu.  Et pourtant, voilà que cela est devenue une réalité . C’est extraordinaire !! 

Nous allons continuer notre voyage à travers la TUNISIE.  Puis, par bateau, nous rejoindrons la SICILE que nous visiterons également, à deux équipages seulement. 
Nous ne rentrerons chez nous que le 18 mai, de beaux souvenirs pleins la tête. 

Photo lybie carte trajet

Carte d'evasion-online.com

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